Le Corner Illustrateurs
PHILIPPE CAILLAUD
Philippe Caillaud aime résolument la pratique du dessin et fonctionne par projet qu’il poursuit sur un temps plus ou moins long selon qu’il épuise rapidement le sujet ou que celui-ci lui laisse le loisir de s’étendre à sa guise. C’est avant tout l’imagination qui gouverne.
Deux dessins particulièrement représentatifs de son travail sont présentés sur le salon. Son trait précis, vif, voire méticuleux lui permet d’emmener son « regardeur » vers un univers plus déroutant qu’il n’y paraît à première vue. Il requiert de notre part de prendre le temps d’observer, de scruter ses paysages et objets familiers dans lesquels il fait entrer l’absurde. Il déroute par ses rapprochements singuliers. C’est un travail qui emprunte au merveilleux et à la fantaisie avec humour et légèreté. Artiste espiègle, Philippe Caillaud introduit de l’esprit dans le quotidien.
Né en 1960, Philippe Caillaud vit et travaille en Vendée.
Le Scriptorial, musée des manuscrits du Mont-Saint-Michel de la Ville d’Avranches lui a récemment consacré une exposition, intitulée 36 Vues du Mont-Saint-Michel.
MARGOT DENVERS
Margot Denvers est une jeune artiste de 24 ans dont l’originalité du travail et la réflexion graphique ont séduit Eve de Medeiros, directrice fondatrice et co-directrice artistique du salon.
Étudiante en Graphisme à l’École Intuit Lab et maintenant en 4ème année d’Illustration à l’École de Condé, Margot Denvers s’est engagée pleinement sur la voie du dessin, une technique et un médium qu’elle affectionne particulièrement. C’est dans le cadre de ses études qu’elle est amenée à concevoir des projets, des exercices qui s’avèrent être de réels terrains d’expérimentations graphiques. Ayant des racines brésiliennes, elle a choisi, pour cette édition anniversaire des 5 ans de DDESSINPARIS, de travailler à travers plusieurs projets - exécutés au stylo bille - sur ce pays dont elle aime particulièrement la joie de vivre et la culture.
Dans ses projets, Margot Denvers pose la question de la quête identitaire. Paysages amazoniques, travail cartographique, scènes de vie quotidienne, l’auteur représente la recherche de soi et de ses origines. Elle parvient avec talent à insuffler à ses illustrations une vivacité fidèle aux modèles photographiques d’après lesquels elle travaille. Le spectateur est surpris par la vérité singulière qui se dégage de ses dessins dont les détails nous permettent la lecture la plus sensible possible.
Instagram : margotdenverspro
CLÉMENCE MONNET
La démarche artistique de Clémence Monnet s’inscrit dans une recherche poétique tentant de relier les mots et l’image dans des dessins uniques. Au quotidien, selon les musiques qu’elle écoute ou les poètes qu’elle lit, attrapant des bribes de phrases, elle compose ses images en s’interdisant de gommer ses premiers coups de crayon, comme une écriture automatique. Touchée au quotidien par les faits d’actualité, dans une époque difficile et culpabilisante, elle cherche à libérer certains sentiments contradictoires, faisant se côtoyer des figures récurrentes : faunes imaginaires et personnages esseulés, à mi-chemin entre le rêve et le songe, qu’elle aime faire évoluer au fil de ses productions, comme une histoire à épisodes. Aujourd’hui, elle étend cette activité à l’illustration de presse et à l’édition, sans laisser de côté sa profession de designer textile freelance.
Clémence Monnet est née en 1980 en Sologne. Elle est diplômée (DNSEP) de l’Institut d’Arts Visuels d’Orléans. Exerçant d’abord en tant que designer textile pour la mode enfantine, elle privilégie ses pinceaux plutôt que la souris, ce qui la mène à développer sa création personnelle.
POPY-LOLY DE MONTEYSSON
L’œuvre de Popy-Loly de Monteysson exposée sur le salon est une installation murale composée de 110 dessins réalisés au stylo bille bleu et intitulée Portraits d’identités. Réalisée sur une année, elle se compose d’un alignement de 22 dessins sur 350 cm de largeur et de 5 dessins sur un alignement de 110 cm de hauteur.
Le souvenir de ses dessins d’enfance pour tout premier bagage artistique, l’expérience de la sculpture étudiée aux Arts Décoratifs de Paris, et une curiosité insatiable pour l’apprentissage de nouveaux matériaux tels le papier journal, le fil de fer ou encore le polystyrène, ont fécondé une œuvre polysémique que Popy-Loly de Monteysson n’a jamais cessé de performer.
Elle a fait la rencontre de celui qui est devenu son nouvel allié et compagnon de route, le stylo bille bleu. Elle a alors envisagé le dessin comme un retour. Un retour à l’essentiel, à ce qui peut être dit en peu de mots, exprimé en peu de traits. Au rythme de ses propres métamorphoses psychiques et poétiques, son œuvre graphique s’est construite en écho aux mouvements du monde et aux vibrations du temps. Sensible au chaos des événements qui chaque jour donnent lieu à la représentation du spectacle de notre actualité, l’artiste réhabilite la petite histoire, celle qui s’écrit en négatif de la grande Histoire de l’humanité, celle dont les personnages sont parfois effacés, oubliés, anonymes. C’est lors de ses flâneries aux abords des achalandages de bouquinistes et d’autres marchands d’images qu’elle se livre à l’un de ses jeux d’artiste favoris, la cueillette de souvenirs. Cette démarche est à la source du projet Traces d’identités remarquables, lié à ces lieux nomades débordant de contes et de vieux grimoires où son œil vif et contemplatif surprend d’anciennes photographies qui reposaient peut-être jadis, entre les moulures de leur cadre doré, sur les marbres des cheminées. Ces images sont devenues les traces résiduelles d’une mémoire de famille. En les apprivoisant, l’artiste recompose une photothèque intime, sans cesse enrichie par la découverte de nouveaux trésors d’antiquaires, d’images découpées dans de vieux journaux ou encore excavées des plus récents abysses numériques. À ces portraits (re)trouvés, qu’elle traduit en dessin, viennent s’ajouter, comme autant d’échos contemporains, les portraits d’êtres proches, aimés et bien vivants. Si la suprématie du stylo bille bleu soumet chacun d’eux au même traitement graphique, l’interstice temporel qui sépare les portraits oubliés des portraits désirés réside dans leur composition formelle. Lorsque les premiers nous regardent frontalement, les seconds sont croqués de profil, projetant leurs regards dans le hors-champ du papier. L’attention portée à la singularité des visages fait d’elle une portraitiste à l’œil d’archéologue, enquêtant chaque parcelle de ce territoire charnel, explorant chaque zone d’ombre de la chair, sondant l’essence de chaque grain de peau. Partagé entre la posture du voyageur et celle du collectionneur, le spectateur est confronté à un mur d’identités sans frontières, où chaque portrait s’observe à travers le trou de serrure par lequel l’artiste, comme à travers un objectif photographique, a fossilisé leurs traits.
ANNE TOUQUET
La pratique artistique d’Anne Touquet évoque un univers où paysages mentaux, espaces réels et fictifs sont sans cesse renversés. La circulation et la réinterprétation des images sont au fondement de sa démarche qui se déploie vers des convergences dessins et installations. Les œuvres opèrent une fusion entre histoires personnelles et éléments fictionnels pour créer un effet parasite. Dessins et installations construisent un univers plastique et mental peuplé d’éléments soigneusement articulés, nous plongeant à la périphérie des mondes. Appliqués par des couches successives de graphite, des personnages aux postures chorégraphiques mystérieuses prennent place dans des décors composites, dont les fines superpositions sont autant de strates de lectures possibles. Les figures présentes, extraites de leur environnement et de leurs contextes, semblent surgir de mémoires et d’histoires enfouies que l’artiste réactive et réécrit. Chacun des éléments qui se composent dans l’espace du papier engage le spectateur à naviguer dans le dessin pour en reconstruire le récit. Réalisées avec des traits fins et mesurés, ponctuées de touches colorées, les œuvres résonnent entre elles, évoquant des souvenirs qui se déforment ou s’inventent. Ses réalisations, transformées en espace de passage, opèrent un glissement sur un merveilleux caché dans les replis du monde, entre poésie, illusion et étrangeté.
Née en 1979, Anne Touquet vit et travaille à Paris. Diplômée de l’École Supérieure d’Arts Appliqués Duperré puis de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, elle expose en France et à l’étranger dans des centres d’art et salons internationaux : Drawing Now, Biennale de dessin contemporain de Namur, centres d’art de Pougues-les-Eaux, Sotteville-les-Rouen et Sion. Elle a aussi participé à de nombreuses résidences en France ainsi qu’en Suisse, Roumanie, et Cisjordanie. Invitée par Art Collector, elle a présenté en août 2016 une exposition personnelle à l’espace Orlando de Saint-Jean-Lespinasse en Occitanie, dans le cadre du parcours d’art contemporain en Pays de Saint-Céré. Anne Touquet est actuellement en résidence à Cambrai.
www.annetouquet.com

